Voyage en terre inconnue… à la criée d’Erquy

6h30, marée haute, ambiance presque magique aux portes de la criée d’Erquy en ce matin d’Halloween et de pleine lune. Le quai noyé dans la nuit brille et scintille à la faible lueur presque orange des lampadaires et blanche de la lune. Au ciel, les étoiles et, plus proches, les goélands rôdent et planent juste au dessus de nos têtes.

Et puis, on entre dans le blanc éclatant des bâtiments éclairés « a giorno » de néons froids et puissants. Là, dans ce  réfrigérateur géant, on prend le temps de nous montrer chaque poisson, de nous faire reconnaître leurs particularités et leurs différences, bien ténues quelquefois… On passe de poste en poste: le tri du poisson par taille et qualité a été fait par des hommes au regard aiguisé et au geste si rapide qu’aucune machine ne pourrait remplacer… Leur journée commence à 17 h et s’achève entre minuit et 4 h du matin, selon les arrivages.

Le pesage et la salle de « criée » qui n’est plus qu’un amphithéâtre informatique où quelques « résistants » viennent encore acheter leurs lots après les avoir choisi sur pièce. Ici, on s’adresse aux professionnels: mareyeurs et usineurs. Les gros acheteurs ne se déplacent pas, ils font confiance aux trieurs et restent chez eux, derrière les écrans de leurs ordinateurs où ils peuvent suivre les cours et acheter les produits de 5 criées en même temps.  A l’heure de la visite, les bacs recouverts de glace, les lots partent ou sont déjà partis vers leur ultime destination.

Ce matin, on nous explique le travail dur! Fiers, on nous donne des chiffres: Le port d’Erquy est le 7ièm  port de France en tonnage. 62 navires « côtiers » et 12 « hauturiers ». Ces derniers: bâtiments de haute mer ne reviennent au port que tous les 5 jours au minimum… Ils appartiennent tous au même armateur: Jean Porcher, natif du pays (Saint Alban), parti de rien: simple matelot et puis patron pêcheur à 22 ans…

Mais revenons au port: il génère 1 200 emplois directes ou indirectes. La criée d’Erquy voit passer 11.000 tonnes de poissons par an; en saison, 120 tonnes de coquilles Saint Jacques s’y négocient par jour, 2 fois par semaine.

On fini la visite par un atelier de préparation du poisson en filets, un travail difficile encore, précis et rapide, demandant une dextérité impressionnante et beaucoup d’attention, sûrement, pour que le couteau ne finisse pas par déraper. De belles caisses blanches, de la glace, beaucoup de glace et voilà les beaux filets de merlans et autres joues de lottes partis vers votre supermarché préféré.

Ah! J’oubliais de préciser que rien ne se perd, du poisson jugé peu présentable au tri préliminaire jusqu’aux déchets après découpe: tout part, très frais, vers une usine de fabrication de farines animales et de croquettes pour nos adorables chatons.

Une belle plongée dans le monde rude et froid des travailleurs de la mer, un court voyage en terre inconnue que chacun a le loisir de faire par l’intermédiaire du Syndicat des Caps qui s’appelle maintenant « Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel » et qui propose de belles découvertes nature. N’hésitez pas à vous renseigner.

3 réponses à Voyage en terre inconnue… à la criée d’Erquy

  1. Helga dit :

    Ayant participé à cette visite également je ne peux que recommander d’aller visiter la criée. Il est très intéressant de voir ce qui se passe tôt le matin près de chez nous……

  2. Maudous Francis dit :

    Superbe reportage sur la criée d’Erquy : le meilleur poisson , c’est breton , ainsi que les fruits de mer .
    Manger français .

    Courage à tous les pêcheurs qui ont un métier difficile , il faut le rappeler .

    Les photos sont aussi très belles

    • Marie-Line dit :

      Merci Francis! Mais ne soyons pas exclusifs… Le poisson frais est bon de quelque mer qu’il vienne, avec à chaque région ses spécificités culinaires, ses saveurs… Et les bretons sont de grands voyageurs qui savent apprécier et ramener de partout dans le monde, ce que chaque cuisine à de meilleur… Je suis de ceux-là, et bien que n’étant pas Breton, tu en es aussi…
      Quant aux pêcheurs, oui! ils font un métier très dure et mal récompensé… À Erquy comme au Croisic, comme ailleurs… on sait comme la mer peut être dangereuse et cruelle.

Laisser un commentaire ... et soyez patient, celui-ci sera publié après modération.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>